Laetitia au fil des mots

Laetitia au fil des mots

Chronique d'un mauvais genre.

Pop est un enfant. Il a six ans et pour l'instant se porte bien, mais cela pourrait ne pas durer. Pourtant il vit en Suède, pays présenté comme un modèle à suivre par toutes nos sociétés prétendues démocratiquement avancées. Mais voilà, Pop ne sait toujours pas si elle est une fille ou s'il est un garçon.

 

Oh, Pop n'a a priori aucun souci de développement mental, ne nous méprenons pas. Pop n'est pas dans le déni. Mais Pop a un gros problème : ses parents, qui ont poussé la funeste théorie du "gender" à des limites jusqu'alors insoupçonnées. Papa Pop et Maman Pop (enfin, je suppose...) ont simplement décidé de ne pas révéler son sexe ailleurs qu'à l'état-civil, pour lui permettre de pouvoir choisir lui-même (ou elle même, c'est facile à rédiger, une chronique pareille, tiens !) quand petit Pop le décidera. L'enfant ne doit subir aucune influence extérieure qui pourrait le "sexualiser" à son corps défendant. Pour paraphraser le Castor dans sa maxime comptant parmi les plus stupides de l'histoire de la littérature : "On ne naît pas Pop, on le devient".

 

Lors donc, pour le moment, Pop est encouragé à se comporter selon son envie du moment. Sa robe du dimanche peut devenir un blouson sur un jean le lundi, et peut-être se dit-il qu'à ce train-là, dans dix ou quinze ans il adaptera son rimmel à la teinture de ses ongles le mercredi tout en décidant de ne pas se raser le jeudi et le vendredi, la barbe de trois jours du samedi posant son homme comme la longueur des cils embellit la femme le dimanche. Quant aux jeux d'enfants, ils ne sont pas vraiment en cause. Je connais quelqu'un qui, gamine, était redoutable dans les bagarres avec les garçons de son village, et qui est aujourd'hui un modèle de féminité. De même, savoir si Pop fait pipi assis ou debout n'a guère d'importance. Ce qui compte est qu'il fasse pipi, après tout.

 

On pourrait sourire en parlant d'expérience éducative qui s'effondrera d'elle-même à la puberté, mais il n'en est rien. D'abord parce que les "parents" semblent suffisamment atteints pour persévérer dans leur délire qu'ils osent nommer "évolution positive", et surtout parce qu'il y a fort à parier que les troubles de l'adolescence classiques chez tout individu normalement constitué qui se questionne, se cherche, se découvre deviendront pour Pop insolubles tant ils seront pour lui proches d'un tsunami mental. Ce ne sera plus "qui suis-je ?", mais "que suis-je ?" et là, je vois déjà le défilé des psys de toutes obédiences se précipitant à la porte des parents du malheureux (de la malheureuse ?), ayant trouvé en ce "neutre" le patient idéal pour des années d'analyse.

 

La Suède, avec d'autres pays scandinaves, est en pointe dans le développement de cette théorie criminelle, avec déjà des écoles où il n'y a plus ni filles ni garçons, mais des "amis". Et où toutes les formes de dissociation masculin/féminin ont disparu. Enfin, pour les enfants, parce que je ne suis pas certain que les enseignants s'appliquent ces règles à eux-mêmes, bien que pour eux cela pourrait être une assez jolie source de joies dans le vestiaire unique de la piscine. Tiens, justement, qu'en est-il de ces fameux vestiaires pour les gamins, puisqu'on ne différencie plus rien ? Que fait-on de la pudeur naturelle de beaucoup d'entre eux ? Ah j'ai dit un gros mot : "naturelle"...

 

Le vent du Nord souffle suffisamment fort pour que ce poison vienne s'installer en France. Nous avions déjà un collectif contre le sexisme des jouets organisant régulièrement des opérations commandos dans les magasins de à la période de Noël (pardon, des "fêtes de fin d'année"), sans être le moins du monde inquiété, et encore moins traduit devant les tribunaux. Dominique Bertinotti, ministre déléguée chargée de la Famille, a jugé primordial de visiter la crèche Bourdarias, à Saint-Ouen, où l'on ne fait pas la différence entre fillettes et garçonnets au nom du sacro-saint combat contre les «clichés». Cette même personne a aussi pour but de faire évoluer la formation de TOUS les professionnels de l'enfance, et ce dès le plus jeune âge pour les sensibiliser à ce massacre annoncé. Dans un tel climat, la proposition d'une député de ne plus parler d'école "maternelle" (trop sexiste, voyons !) paraît presque anecdotique.

 

Délires d'adultes, volonté délibérée de briser toutes formes de repères en détricotant maille après maille tous les fondements de nos sociétés, idéologie destructrice poussée à l'extrême, tout cela pourrait faire débat si, au centre, ne se trouvait pas un élément qui devrait rester sacré : l'enfant (je ne parle pas d'un "enfant-roi", mais j'emploie le terme "sacré" dans le sens de respect total de son développement, qui ne doit pas être le jouet de quelques bobos ayant abusé de la fumette lors de soirées "tendance").

 

La méthode globale a déjà détruit les capacités de lecture raisonnée de deux générations. Voici venir le temps du "sexe global", du neutre remplaçant le "elle" ou le "il". C'est un monde qu'on assassine, en commençant par les plus vulnérables. Même les pires dictatures n'avaient pas imaginé ça.



19/02/2013
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